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Chronologie : Albator 78 ou dimension voyage, au choix.
Disclaimers : les personnages et l'univers d'Albator ne m'appartiennent pas.
Note de l'auteure : je continue ma série d'OS. Masu et Zero sont deux personnages secondaires que j'aime beaucoup et qui me font toujours bien rire, aussi ce sont eux la vedette ce coup-ci !
Entre le saké et le ragoût, il n’y a qu’un pas vers l’amour
- Reviens ici tout de suite, espèce de sale voleur !
Une paire de couteaux dans chaque main, Masu s’en donnait à cœur joie à son sport préféré, et ce dès le matin : la chasse au chat ! S’il y avait bien une chose dont elle avait horreur, c’étaient bien les voleurs ! Les cuisines étaient son territoire et elle n’autorisait personne à venir la déranger, pas même le capitaine. Malheureusement pour elle, Mii-kun, le petit chat du docteur Zéro semblait prendre un malin plaisir à venir l’embêter, en venant lui chiper de la nourriture ou des bouteilles de saké. Parfois, Tori-san, l’oiseau du capitaine, se joignait à lui à son plus grand malheur.
- Je te tiens !
Après avoir couru pendant plusieurs minutes à travers plusieurs coursives de l’Arcadia – il fallait bien admettre que pour son âge elle était toujours en grande forme – elle était finalement parvenue à coincer le petit Mii-kun dans un coin. Déterminée à récupérer son poisson chipé, elle le menaçait de ses couteaux, un air féroce sur son visage.
- Allons Masu, calmez-vous. Vous êtes ridicule, lui dit soudain le docteur Zéro dans son dos.
- Et vous, vous devriez mieux surveiller votre maudit chat et arrêter de lui apprendre à voler !
En moins d’une minute, une dispute éclata entre Masu et le docteur. Mais pour tous les autres membres de l’équipage, c’était la routine. À force de les voir se disputer constamment, plus personne ne leur prêtait attention. Parfois, Masu menaçait même le doc avec ses couteaux et celui-ci répliquait alors avec une paire de seringues en mains.
Mais certains affirmaient cependant que derrière ces disputes, il y avait des sentiments refoulés. Les rumeurs que Masu et Zéro éprouveraient en réalité des sentiments l’un pour l’autre étaient des ragots courants à bord de l’Arcadia. Rumeurs que les deux concernés démentaient bien évidemment.
Cette journée était semblable à toutes les autres à bord de l’Arcadia. Cela faisait un moment maintenant que les pirates n’avaient pas croisé d’autres vaisseaux sur leur chemin, terriens comme mazones. Mais quand on sillonnait le vaste univers, cela n’avait rien de surprenant. Et à force, on s’y habituait vite. De toute façon, chacun savait s’occuper à sa manière. Certains passaient leur journée à picoler et à jouer aux cartes ou au shogi, tandis que d’autres en profitaient pour récupérer les heures de sommeil perdues lors des situations critiques et tendues. Enfin, d’autres, comme Yattaran, en profitaient pour voguer à leurs passions. Chacun était ainsi parfaitement libre de faire ce qu’il voulait de son temps libre.
Masu, la cuisinière de l’Arcadia, avait quant à elle un emploi du temps plutôt chargé de son côté. Comme chaque jour, elle avait sa petite routine bien à elle qu’elle respectait à la lettre, combat et abordage ou non. Elle avait après tout la responsabilité de nourrir les trente-neuf membres de l’équipage du vaisseau, plus elle. Elle ne comptait pas Miimé puisqu’elle se nourrissait exclusivement d’alcool et qu’il lui suffisait de venir en chercher en cuisine ou de partager la réserve personnelle du capitaine.
Aussi rien ne l’énervait plus que d’être dérangée à une heure où elle devait préparer le repas. Aujourd’hui, elle avait prévu de préparer un bon ragoût de bœuf aux carottes et cela demandait du temps, vu le nombre de bouches à nourrir. Elle n’avait ainsi pas de temps à perdre avec Mii-kun ou Zéro.
- Dis donc vous deux, vous n’en avez pas marre de vous disputer ? leur lança l’un des pirates avec un grand sourire alors qu'il passait dans la coursive. Et sinon qu’avez-vous prévu de bon aujourd’hui, Masu ?
- Un ragoût de bœuf aux carottes, mais si ce maudit chat continue de venir m’importuner, vous mangerez de la soupe en conserve avec du pain sec !
- Pourquoi faut-il toujours que vous montiez sur vos grands chevaux ? Ce n’est qu’un petit chat, soupira Zéro.
- Et vous, pourquoi faut-il toujours que vous preniez toujours tout à la légère ?
Échangeant un nouveau regard furieux, les deux ne tardèrent pas à reprendre leur dispute au grand dam du pirate présent. Il marmonna quelques paroles inaudibles, avant de rebrousser chemin. Il avait mieux à faire qu’assister à ces conflits sans fin, comme aller disputer une nouvelle partie de poker avec les gars.
Masu et Zéro continuèrent de se disputer pendant un bon moment, avant que le docteur ne décidât finalement de récupérer son chat et de quitter les lieux, tout aussi furieux que la cuisinière.
- C’est ça, allez-vous en avant que je ne change le menu du jour et mette votre chat à la place du bœuf !
Fulminant et marmonnant pendant un moment toute seule, la cuisinière de l’Arcadia commença par sortir tout ce dont elle avait besoin pour son ragoût. Mais avant de se mettre réellement aux fourneaux, elle décida qu’elle avait besoin de redescendre de ses émotions matinales. Elle commença donc par boire une grande tasse de thé à la verveine, ce qui parvint à la calmer peu à peu. Cependant, elle ne put chasser définitivement de son esprit ce maudit chat. Quant à Zéro, il avait vraiment le don de l’énerver également au plus haut point. Bon, elle devait admettre que parfois, non même souvent, elle lui trouvait des qualités et qu’il était un bon médecin, même s’il passait clairement trop de temps à boire ! De temps en temps, Masu se demandait sérieusement si ce n’était pas lui qui déteignait le plus sur le capitaine et Miimé à ce niveau-là.
Poussant un nouveau soupir, Masu se dit que si un jour le capitaine faisait passer un vote ouvert à bord du vaisseau sur ce qu’il fallait proscrire, elle n’hésiterait pas à déclarer ouvertement qu’il faudra bannir les animaux, y compris le volatile ! Et tant pis s’il est le compagnon du capitaine. Ce foutu oiseau était de toute façon une nuisance pour tout le monde, au point qu’il fallait lui attacher régulièrement le bec. Donc vraiment, ce ne serait pas une grosse perte. Malheureusement, Masu savait qu’elle n’aurait jamais gain de cause le concernant. Après tout, Tori-san était précieux pour le capitaine, parce qu’il appartenait autrefois à son grand ami, le concepteur de l’Arcadia. En revanche, si elle pouvait au moins se débarrasser de Mii-kun, ce serait une grande victoire pour elle. Mais là encore, elle doutait de parvenir à ses fins. Parfois, elle complotait dans ses cuisines en mettant au point des plans, tous plus farfelus cependant les uns que les autres. Et puis comment ferait-elle passer cela pour un simple accident sans que Zéro ne l’accuse ?
Un peu plus tard, alors qu’elle songeait à empoisonner le petit chat pour la énième fois – sans réellement le penser parce qu’au fond, elle avait du cœur et ce n’était qu’un adorable petit chat – le capitaine vint lui rendre visite. C’était très rare qu’il s'aventure ici et Masu était toujours surprise par ses apparitions. Il était après tout de notoriété commune que le capitaine n’était pas très bavard, ni très sociable et qu’il préférait nettement la solitude de ses quartiers ou le calme – en dehors des situations de crise – de la passerelle. Aussi, elle se méfiait naturellement de ces visites.
-Tiens Capitaine, quel bon vent vous amène ce matin dans mes cuisines ?
- Bonjour Masu. Oh, rien qui ne perturbera votre planning, ne vous en faites pas.
Masu remonta alors ses lunettes, qui avaient tendance à tomber sur son nez, avant de mieux regarder le capitaine. Elle l’observa ensuite avec des yeux ronds. Il avait une voix enrouée et il reniflait. Le capitaine avait un rhume ! Ce n’était pas tous les jours qu’on voyait cela. Et Masu admit qu’elle était heureuse qu’il vienne la voir elle plutôt que Zéro. Ce dernier lui aurait sans aucun doute donné un médicament pour son rhume. Mais elle, elle avait bien évidemment ses recettes miracles de grand-mère.
- Vous êtes malade, Capitaine ?
- Oh rien, juste un petit rhume, ne vous en faites pas. Mais je sais que vous avez les meilleurs remèdes pour cela.
-Ah ! Vous me faites plaisir, Capitaine. Tenez, j’ai toujours sous la main mes tisanes spéciales anti-rhume. Pensez à prendre un bain avec des huiles essentielles, cela vous détendra également, lui recommanda Masu en lui donnant un paquet de tisanes. Et évitez de boire de l’alcool au moins aujourd’hui.
- Je n’y manquerai pas. Et j’admets que je suis aussi impatient de goûter à votre ragoût, tout le monde en parle déjà dans les coursives.
- Pour cela, il va falloir attendre. Allez donc dormir maintenant. Et ne dites pas à Zéro que vous êtes venu me voir, ou sinon il va encore me disputer, parce que c’est lui le médecin.
- Ne vous en faites pas, je serai muet comme une carpe. De toute façon, je ne serais pas allé le voir, il m’aurait prescrit une de ces boîtes de médicaments au goût infect.
Le capitaine lui adressa un petit signe de la main pour la remercier, avant de tourner les talons. Cependant au moment de quitter pour de bon les cuisines, il se stoppa. Il sembla hésiter un instant. Masu le regarda de dos, quelque peu curieuse. Finalement, il se retourna à moitié vers elle, mais il prit soin de ne pas la regarder dans les yeux.
- Vous savez, je suis sûr que vous finirez par vous comprendre, Zéro et vous.
Puis, avant que Masu n’ait le temps d’ajouter quelque chose, il quitta pour de bon l’antre de la petite femme, laissant cette dernière stupéfaite par ses paroles. Il était également de notoriété commune que le capitaine ne se mêlait jamais des affaires des autres. Pourtant, il venait clairement de lui donner son avis. Masu soupira, tout en se grattant la tête, quelque peu confuse. Que devrait-elle mettre à plat ? Zéro et elle n’étaient pas d’accord sur pas mal de choses, alors comment pourraient-ils trouver un terrain d’entente ? D’accord, elle le trouvait par moment charmant, mais ça s’arrêtait là. Il fallait vraiment que les autres arrêtent de faire d'étranges allusions. Elle n’avait été réellement amoureuse qu’une seule fois dans sa vie, et jamais plus elle ne le sera. Point final.
Le reste de la matinée s’écoula sans aucune autre perturbation. Puis un peu après midi, tandis que Masu finissait de faire mijoter son ragoût, le mess se remplissait peu à peu. Même si elle appréciait la tranquillité auprès de ses fourneaux, elle devait bien admettre cependant qu’elle adorait les heures de repas. C’était le seul moment où tout l’équipage de l’Arcadia se rassemblait, y compris le capitaine, car autrement c’était mission impossible. Les plus farouches et solitaires – incluant donc le capitaine – ne se montraient sinon quasiment jamais dans les coursives. Et puis cela lui rappelait forcément un peu son enfance, lorsque sa mère réunissait leur famille justement autour d’un bon repas. Aujourd’hui, c’était pareil, à l’exception que l’Arcadia était une grande famille de quarante-et-un membres.
- Masu, ça sent drôlement bon dis donc, lui dit le chef Maji lorsqu’elle apparut avec des bouteilles de vin.
- Merci, ça me fait plaisir. Je suis certaine que vous allez vous régaler.
Peu après, le capitaine fit son entrée avec Miimé et vint s’asseoir à la même table que Yattaran, Maji, Kei et Tadashi. Tout le monde fut ravi de sa présence et il fut salué par tous les membres. Masu servit alors le ragoût et fut ravie en voyant que les pirates mangeaient avec appétit. C’est alors que le chef Maji, Kei et Miimé vinrent la prendre par les épaules et l'assirent à table également. Perplexe, Masu leur lança un regard suspect. Elle ne remarqua que dans un deuxième temps qu’on l’avait assise en face du docteur Zéro !
- Ah ma chère Masu, vous vous êtes surpassée aujourd’hui, lui dit-il dans un grand sourire.
- Si c’est une tentative pour essayer de me faire oublier ce qui s’est passé ce matin, vous perdez votre temps, Zéro, répliqua-t-elle en croisant les bras.
- Quoi ? Ah non, vous vous trompez, je pense sincèrement ce que je dis. Votre ragoût est un vrai délice.
- Bien sûr qu’il l’est ! Vous vous attendiez à quoi ? À de la pâtée pour chat ?
Le moins que l’on puisse dire, c’était que Masu ne perdait pas le nord. Avec elle, il était très difficile d’enterrer la hache de guerre. Elle était du genre rancunière et butée. Zéro la regarda un moment, avant de soupirer. Masu de son côté, après l’avoir longuement observé d’un air suspect, finit tout de même par se détendre. Elle entama alors à son tour son ragoût.
Deux tables plus loin, le chef Maji soupira. Il avait espéré que ces deux-là se réconcilieraient et arrêteraient leurs chamailleries incessantes. Il afficha une grande mine déçue.
- Allons, ne faites pas cette tête. Je suis certaine qu’ils finiront par s’entendre, lui dit Kei qui n’avait pas manqué non plus un instant du spectacle.
- Je ne sais pas trop, ils sont aussi têtus l’un que l’autre. Ils se comportent pourtant comme un vieux couple marié.
- Vous êtes bien étranges, vous autres les humains. Vous avez un mode de batifolage que je ne comprends pas, intervint Miimé qui venait de siffler à elle seule une des bouteilles de vin. Elle laissa échapper ensuite un « hic » avant de devenir lumineuse.
- En vérité, je ne sais même pas si on peut appeler cela du batifolage, lui répondit Maji.
- Vous savez, j’ai toujours dit que chacun est parfaitement libre de faire ce qu’il veut sur ce vaisseau. Mais là, vous n’avez pas l’impression de vous mêler de ce qui ne vous regarde pas ? lança soudain Harlock, qui affichait cependant un air amusé.
- Justement, Capitaine. Leurs chamailleries incessantes nuisent à notre liberté.
- Je crois surtout que cela vous amuse, continua Harlock. Mais si vous vous ennuyez, je suis certain que je pourrais vous trouver quelques occupations.
- Quoi ? Ah non, sans façon, merci.
Tadashi et Kei laissèrent échapper un petit rire, puis le reste du repas continua de se dérouler dans la bonne humeur. À la table de Masu et de Zéro, ces deux derniers avaient décidé de s’ignorer et de manger en silence, au grand dam de tous. Cependant, aucun des deux ne semblait conscient de la déception que leur comportement avait engendrée de manière générale dans la salle. Masu servit ensuite le dessert, de belles tartes aux pommes, dans la même ambiance. Plus butés que ces deux-là, c’était impossible.
Une fois le repas terminé, les pirates quittèrent le mess les uns après les autres. Le capitaine fut l’un des premiers à partir, regagnant ses quartiers. Mais ce que personne ne remarqua, c’était que le docteur Zéro, lui, resta à table. Il prit son temps pour terminer son dessert. Il trouva même le moyen de faire une pause en demandant à Masu s’il pouvait prendre une bouteille de lait pour Mii-kun. Et c’est ainsi qu’il finit par se retrouver seul au mess avec Masu, qui commençait à débarrasser les assiettes.
- Vous êtes malade ? lui demanda Masu au bout d’un moment en le voyant traîner.
Maintenant qu’ils étaient seuls, elle avait subitement retrouvé sa langue et sa bonne humeur aussi. Elle regarda donc Zéro, quelque peu soucieuse.
- Qui ça, moi ? Mais non voyons, je me porte comme un charme. Le saké me maintient continuellement en bonne santé. Ce serait fâcheux que le médecin soit malade. Je prends juste mon temps.
- Ça n’a rien à voir, tout le monde peut tomber malade, vous savez. Vous devriez faire un peu attention justement. Qui soignera l’équipage si vous n’êtes plus en état ?
- Je n'y ai jamais réellement réfléchi vu que je n’ai jamais été malade. Mais je suppose que vous et vos remèdes de grand-mère sauraient parfaitement me remplacer temporairement, lui répondit Zéro en la regardant avec un grand sourire.
- Ne dites pas de sottises, voyons ! Je ne pourrai jamais vous remplacer, tout comme vous feriez un piètre cuisinier à ma place ! répliqua Masu.Cependant, elle fut subitement un peu gênée et s’empressa alors d’emmener les assiettes qu’elle tenait en main en cuisine. Zéro la regarda, quelque peu surpris. Il hésita un instant, puis décida de se lever et d’aller aider Masu. Il récupéra donc quelques assiettes avant de suivre la cuisinière.
- Mais que faites-vous ? lui demanda Masu en le voyant apparaître. Donnez-moi ça, vous n’arrêtez pas de trembler, vous allez les faire tomber.
- Je me suis dit que pour une fois, je pourrai vous aider.
Masu, étonnée, l’observa alors longuement. Elle croisa les bras sur sa poitrine, suspicieuse. Il y avait définitivement quelque chose d’étrange qui se passait. Zéro ne se proposait jamais de l’aider, en temps normal.
- Dis donc, si c’est encore une tentative pour essayer de me voler en douce une bouteille de saké, c’est raté d’avance et c’est bien bas !
- Mais non, arrêtez de vous faire des idées. Je n’ai rien à faire cet après-midi et comme en ce moment c’est très calme, je me suis dit que cela vous ferait du bien. Je vous aiderai à laver la vaisselle. Mais avant cela, venez donc prendre le café avec moi.
- Bon si vous y tenez, mais que votre chat n’en profite pas, hein !
- Il a bu son lait, il va faire la sieste pour l’après-midi.
Mais Masu lança quand même un regard suspicieux au petit chat, qui s’était effectivement endormi à la table à laquelle ils avaient mangé avant. Elle vint néanmoins reprendre sa place, en amenant sur un petit plateau deux tasses de café. Elle ne l’avouera sûrement pas, mais la cuisinière était contente que Zéro ait décidé de rester avec elle. Au fond, elle l’appréciait beaucoup plus qu’elle ne le montrait. Et puisqu’ils étaient seuls et qu’ils avaient tout l’après-midi devant eux, c’était l’occasion d’en profiter et de papoter un peu.
Nul ne sut ce qui se passa durant ce fameux après-midi. En revanche, une chose était certaine : personne n’avait jamais vu Masu avec un verre de trop dans le nez !
Lorsque les gars vinrent prendre leur collation du soir au mess, ils furent tous choqués de découvrir Masu et Zéro, assis à table en train de rire, un verre de saké posé devant eux ainsi que deux bouteilles. Mii-kun était même venu se blottir sur les genoux de Masu, tandis qu’elle riait à plein poumons avec Zéro. Lorsqu’ils remarquèrent enfin la présence des gars, ils leur firent un grand signe de la main. Ensuite, Zéro récupéra son chat avant de se lever, et d’une démarche titubante, il quitta le mess.
- Je crois qu’il est temps que je retourne à l’infirmerie, dit-il d’un air joyeux et en se mettant à siffler. Encore une fois, ce ragoût était délicieux, Masu.
Masu lui adressa un grand sourire, avant de se lever à son tour. Elle se mit à fredonner joyeusement à son tour, mais elle aussi titubait en marchant. Elle s’approcha des gars.
- Je crois que je vais aller faire une petite sieste moi. Servez-vous donc dans le frigo.
Et sous le regard choqué des membres de l’équipage présents – on n’avait jamais vu Masu aussi joyeuse et surtout alcoolisée après tout – elle quitta le mess à son tour. C’était également la première fois qu’elle abandonnait ses cuisines en laissant d’autres personnes se servir !
Depuis ce fameux jour, les ragots fusaient de part et d’autre au sein de l’Arcadia. Même Miimé, poussée par la curiosité, avait fini par poser la question un soir à Harlock s’il pensait que quelque chose s'était finalement passé au mess. Mais malheureusement, à la plus grande frustration de tous, personne ne savait ce qu’il en était réellement entre la cuisinière et le médecin de l’Arcadia. Eux seuls le savaient.
